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Férie de l'Avent

samedi 20 décembre 2014

Famille de Saint Joseph
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Le récit de l’Annonciation nous ramène au moment fondateur de la mystérieuse condescendance de Dieu : le Très-Haut se fait le Très-Bas, il vient habiter notre terre, partager notre vie, nos souffrances et notre mort, pour nous élever jusqu’à lui.
« Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme pour que tu le prennes en considération ? Tu l’as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l’as couronné de gloire et d’honneur » (He 2, 6-7). Ce mystère de grâce, « que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, qui n’est pas monté au cœur de l’homme, Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2, 9). Il nous donne lui-même le signe de sa venue : « Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera l’Emmanuel, c’est-à-dire “Dieu avec nous” » (1ère lect.).
Tout vient de Dieu, mais Dieu ne vient pas en intrus : il sollicite la liberté de ses enfants, qu’il ne sauve pas malgré eux. Le « oui » que Marie prononce en notre nom à tous, est indispensable pour que Dieu puisse planter sa tente parmi nous et accomplir son œuvre de salut. Saint Bernard a bien saisi l’intensité et le caractère décisif de cet instant décrit pourtant si sobrement dans l’Evangile : « L’Ange attend ta réponse : il va être temps qu’il retourne auprès de Dieu qui l’a envoyé. Nous aussi, ô Souveraine, nous malheureux sur qui pèse la sentence de damnation, nous attendons une parole de compassion. Voici qu’on t’offre le prix de notre salut : si tu l’acceptes, nous serons aussitôt délivrés ; de ta brève réponse dépend que nous soyons rappelés à la vie. Pourquoi tarder ? Crois, confie-toi et accueille. Vierge bienheureuse, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres au consentement, ton sein au Créateur. Le désiré de toutes nations est là qui frappe à ta porte. Lève-toi, cours, ouvre ! Lève-toi par la foi, cours par la dévotion, ouvre par le consentement ».
Le IVème concile œcuménique du Latran (1215) précise : « Si l’Incarnation du Verbe est l’œuvre de la Trinité tout entière, sa conception dans le sein de la Vierge Marie ne s’est opérée que par l’action du Saint Esprit ». Effectivement, Matthieu aussi bien que Luc n’attribuent pas seulement à Dieu mais explicitement à l’Esprit Saint cet enfantement de la Vierge Marie. Cette action particulière de l’Esprit ne consiste cependant pas à concevoir le Verbe (au sens actif) : le Christ n’est pas le fils de la Vierge et du Saint Esprit comme un enfant est fils d’une mère et d’un père selon une génération homogène. Le Christ est personnellement le Fils du seul Père, jusque dans sa génération humaine en Marie. Il est également faux de dire que l’Esprit aurait assumé la chair de la Vierge pour être la mère du Christ selon la génération humaine. Disons simplement que la mission du Saint Esprit est de permettre à Marie d’être la Theotokos, la mère de Dieu, et non pas seulement la mère de la chair du Christ. Elle est mère du Christ lui-même incarné en elle. Car ce n’est pas seulement la chair du Christ qui a été conçue du Saint Esprit, mais le Christ lui-même selon la chair.
Bien sûr Marie ne conçoit pas le Verbe selon la divinité, mais selon l’humanité. Toutefois on ne peut pas dire qu’elle soit Mère uniquement de l’humanité du Christ : elle est mère de la Personne divine du Christ en son humanité. Or il est impossible que cette jeune fille de Nazareth, aussi pure soit-elle, devienne la Mère de Dieu, indépendamment de l’action de l’Esprit Saint. Sans prétendre épuiser le mystère, disons que l’Esprit Saint donne à Marie de pouvoir accueillir le Fils du Père, pour qu’il soit conçu dans son sein. « La puissance du Très-Haut prend la Vierge sous son ombre », afin que le Père puisse concevoir dans le temps et en l’humanité de Marie, le Fils qu’il engendre éternellement en sa divinité.
Marie se trouve ainsi à l’articulation de ce mystérieux échange dans lequel Dieu se fait homme afin que l’homme puisse participer à sa divinité. Mère de la Tête, il convenait qu’elle le soit aussi du Corps tout entier : celle qui dans l’Esprit enfanta le Verbe à la vie naturelle, est présente à la Pentecôte lors de la naissance de l’Eglise ; et c’est encore elle qui enfante chacun de nous à la vie divine dans ce même Esprit.

« Marie, toi qui dans la nuée de l’Esprit accueillis le Verbe éternel en ton sein virginal, répand sur nous la surabondance de tes bénédictions ; et aide-nous à devenir assez humbles pour consentir comme toi à la volonté du Père. »
Père Joseph-Marie
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