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Octave de Pâques

jeudi 24 avril 2014

Famille de Saint Joseph
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« Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. » Le Seigneur révèle que tout a un sens ; rien de ce qu’il vit n’est absurde ou subi. Quand il s’est fait chair, Dieu a fait corps avec notre histoire. Notre Dieu est un Dieu qui se révèle dans notre histoire, qui marche sur nos chemins et qui marche à notre rythme. Il a laissé à ses disciples le temps d’être déconcerté par la Croix, le temps de s’interroger sur le chemin d’Emmaüs, mais depuis toujours il les prépare à entrer dans la pleine lumière de sa résurrection. Bientôt le vent de l’Esprit les poussera là où ils n’auraient jamais imaginé aller.

Pour l’heure, Jésus ouvre le chemin, il roule la pierre de nos tombeaux, mais il nous laisse le temps de nous approprier, autant que faire se peut, la grandeur du don qu’il nous fait : un moment après avoir pris patience en écoutant le récit des disciples sur la route d’Emmaüs, le voici qui vient encore au milieu d’eux pour confirmer leur expérience, le voici qui réclame à manger pour montrer qu’il est bien vivant.

Mais, ce faisant, Jésus les enseigne encore. En effet, « il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit ». Pour se tourner vers l’avenir qu’ouvre la résurrection, il faut encore faire mémoire. « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous », leur dit-il. Tout ce qui a été vécu, tout ce qui a été dit, ne dévoile son sens plénier qu’à la lumière de la résurrection. Depuis cette situation unique et nouvelle, la vie divine, les disciples peuvent enfin considérer sous un jour convenable ce qu’ils ont reçu. Ils reçoivent l’« intelligence des Écritures », c'est-à-dire qu’ils deviennent capables de discerner l’œuvre de Dieu dans l’histoire et l’achèvement vers lequel elle tend.

Cette intelligence n’est cependant pas une faculté surhumaine – nous verrons d’ailleurs qu’elle engendre l’obéissance à l’Esprit. L’enseignement que donne Jésus est en effet adressé à des hommes qui sont joyeux de la manifestation du Ressuscité et, dans le même temps, encore incrédules : « dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement », précise l’évangéliste. Leur étonnement procède sans doute de la lenteur à croire, mais ce n’est pas l’essentiel ; il procède surtout de la nouveauté de l’expérience. Les disciples croient, puisqu’ils sont joyeux, mais ils sont au seuil d’un monde nouveau qui provoque leur étonnement. Ce monde est dans la continuité de celui qu’ils connaissent, la capacité de Jésus de se faire reconnaître et de manger avec eux l’atteste, mais il est aussi en totale rupture. Voilà que Jésus est au milieu d’eux, comme naturellement, alors qu’on ne l’a pas perçu entrer. Ainsi, ce mélange de joie et d’incrédulité est important pour nous parce qu’il nous montre que la résurrection n’est pas seulement une affirmation à laquelle adhérer, elle est aussi ouverture sur un monde nouveau à expérimenter, sur une nouvelle création.

Au soir de Pâques, Jésus ne transmet pas une science qui ouvre les voies du salut, il ne requiert pas notre soumission à une démonstration de force ; il manifeste le monde nouveau dans lequel il nous invite à entrer. L’apparition du Ressuscité que nous méditons en ce jour nous l’annonce : la résurrection du Christ est aussi notre résurrection. Sa gloire est aussi la nôtre. Sa paix est également la nôtre. Accueillons donc notre Sauveur qui vient simplement à nous partager le fruit de sa victoire : « la paix soit avec vous ».
Frère Dominique
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