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Saint Thomas d'Aquin, prêtre et docteur de l'Église

mercredi 28 janvier 2015

Famille de Saint Joseph
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Avec l’évangile d’aujourd’hui, nous arrivons chez saint Marc aux paraboles concernant le « Royaume ». La première, appelée communément la parabole du semeur, est la seule parmi les paraboles du Royaume à avoir été retenue par les trois synoptiques, comme celle des vignerons homicides parmi les paraboles du « jugement ». C’est dire son importance.

Cette parabole, Jésus en donne lui-même l’interprétation. Il serait sans doute un peu présomptueux de vouloir ajouter quelque chose à ses propos ! Par contre, peut-être ne serait-il pas inutile de revenir sur le thème qui constitue comme l’harmonique fondamentale de cette parabole : celui de la Parole qui vient à la rencontre de la terre pour la féconder, germer en elle et lui faire porter du fruit.

« Ecoutez ! Voici que le semeur est sorti pour semer. » Ces premiers mots retiennent notre attention, particulièrement l’emploi du verbe « sortir ». Certes, Jésus est « sorti de la maison » où sa famille était venue s’enquérir de lui (Cf. Mc 3, 31-35) pour enseigner les foules et ses disciples (Cf. Mc 4, 1). Mais ce mouvement de sortie ne peut-il pas aussi renvoyer, dans un sens plus théologique, à la dynamique même de l’Incarnation ? Tout comme la semence a jailli des mains du semeur pour être jetée en terre, le Verbe, Parole vivante, a lui aussi, de la même manière, été envoyé par le Père pour se faire chair et venir féconder la terre de notre humanité.

Mais la Parole de vie divine ne s’approche pas de l’homme en général ou de tel homme en particulier. Elle se fait proche de tout homme. Car de même que la semence a été envoyée par le semeur sur tout type de terre, qu’elle soit rocailleuse, chargée d’épines ou bien labourée, de même le Père a envoyé son Fils frapper à la porte du cœur de tout homme que ce cœur soit épineux, dur comme la pierre ou prêt à s’ouvrir, ou peut-être un peu des trois.
En effet, le semeur de la parabole, que l’on ne peut soupçonner de maladresse, fait manifestement preuve d’une extrême largesse. C’est comme s’il ne voulait oublier aucun coin de terre, si petit soit-il, où sa semence pourrait germer. Il sème, il sème dans nos cœurs jusqu’à ce qu’une de ses semences trouve un endroit bien disposé pour la recevoir et se laisser féconder. Dans le récit, il est frappant de voir comment les trois échecs dus aux oiseaux, au sol pierreux et aux ronces s’effacent devant la montée vertigineuse du triple rendement de 30, 60, 100 pour un des semences.

Un autre aspect de la parabole surgit alors. C’est celui de l’accueil ou du refus de la semence. Car le sort de la graine dépend d’où elle tombe. La parabole est d’ailleurs bien construite pour focaliser l’attention sur la bonne terre et le fruit qu’elle donne presque nécessairement. Car si le semeur jette sa semence avec prodigalité, encore s’agit-il de l’accueillir. A partir du moment où la semence est jetée, à partir du moment où le Royaume s’est approché et que Jésus est sorti pour annoncer l’avènement des temps messianique, chacun se trouve engagé et jugé par cette Parole. Autrement dit, il ne peut que se situer par rapport à elle. Il ne peut rester neutre.
Les deux types de résultat de l’ensemencement posent bien ce problème en révélant la dualité de l’auditoire de Jésus, c’est-à-dire la possibilité qui lui est laissée de refuser ou d’accueillir la parole du Maître. « Celui qui a des oreilles qu’il entende ! ». La liberté de l’auditeur est interpelée !

« Père, cultive toi-même la terre de nos cœurs et de nos histoires pour que nous puissions être bien disposés à recevoir en nous la présence divine de ton Fils. Fais-nous la grâce de savoir ouvrir nos oreilles à sa Parole de vie. Que nous sachions accueillir avec reconnaissance la semence de ton Verbe pour qu’elle porte en nous un fruit de vie éternelle. »
Frère Elie
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