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Dédicace des églises dont on ignore la date de consécration

samedi 25 octobre 2014

Famille de Saint Joseph
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Considérer les maux comme un châtiment lié à une faute est une manière d’appréhender les souffrances bien enracinée dans la mentalité humaine. Trouver une raison et un responsable au mal a toujours hanté la pensée de l’homme. Dans le cas du massacre commandité par Pilate, on peut se rabattre sur la responsabilité humaine de ce gouverneur violent, connu des historiens pour avoir toujours su réprimer les moindres mouvements de foule. Mais dans le cas de l’écroulement de la tour de Siloé où aucune volonté ni méchanceté humaine ne se voient impliquées, à qui attribuer la cause d’un tel désastre et pourquoi ? Nous sentons bien qu’il n’y a ici qu’un petit pas à faire pour renvoyer à Dieu la responsabilité d’une telle catastrophe soit directement pour l’avoir provoqué soit indirectement pour ne pas l’avoir empêchée. Et dans le cas où il en aurait été l’initiateur, serait-ce encore une forme de punition qu’il aurait infligée à ces hommes en raison de leurs péchés ?

Jésus ne veut pas dans ce passage d’évangile répondre à la question de Dieu et du mal. La manière dont il interroge ses interlocuteurs et les réponses qu’il donne lui-même en témoignent. « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? […] Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » Jésus met l’accent sur le fait que les victimes et les personnes épargnées ne sont ni plus innocentes ni plus coupables les unes que les autres. Il est aussi remarquable que ce que ce n’est pas l’innocence que Jésus relève mais le fait que tous sont pécheurs. L’absence de drame dans la vie de certains ne doit en aucun cas être perçue comme le signe de leur innocence. Tous sont pécheurs et tous ont à se convertir avant de se retrouver au moment de leur mort devant le Seigneur.
Jésus insiste à deux reprises : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. […] si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Jésus nous rappelle l’urgence de notre conversion. Le triste destin de ces hommes victimes de Pilate ou de la catastrophe de la tour de Siloé devrait réveiller nos consciences et nous conduire à une conversion salutaire. Nous aussi, tous nous sommes pécheurs et tous nous avons besoin de la miséricorde divine.
Ce réalisme spirituel est aujourd’hui comme hier la condition même de l’interprétation juste de l’avènement du Christ. Comment pourrions-nous reconnaître dans la venue du Fils de l’Homme, l’ultime grâce de salut, si nous n’avons pas la claire conscience d’être pécheurs et d’avoir besoin d’un Sauveur ? Si je remets à demain l’accueil de la miséricorde, cela signifie en réalité que je n’ai pas clairement conscience de mon état de pécheur et donc de mon besoin d’être sauvé. Que se passerait-t-il si je me retrouvais alors devant le Seigneur ? Serais-je disposer à l’accueillir comme mon Sauveur ?

La conversion ne peut donc attendre. Mais elle ne désigne pas pour autant un état définitif qui nous ferait dire : « Ca y est, je suis converti ». Au cours de notre pèlerinage terrestre, elle signifie plutôt un chemin, une remise en question permanente et un appel toujours renouvelé à la grâce de Dieu pour tendre toujours davantage vers lui. C’est d’ailleurs pour nous fortifier sur cette route exigeante que Jésus nous donne à contempler le vigneron miséricordieux qui garde l’espérance et continue de croire en nous.

« Seigneur donne-nous cette vigilance de cœur qui nous permettra de voir ce qui dans nos vies ne correspond pas avec ce que nous professons. Merci pour ta patience et pour ta miséricorde envers nous qui tout en dénonçant notre péché nous en libère. Puissions-nous toujours l’accueillir et ne jamais remettre à demain un si beau cadeau de vie éternelle. »
Frère Elie
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