homelies.fr, une homelie pour chaque jour
homelies.fr, une homélie pour chaque jour de l'année

Férie

jeudi 30 octobre 2014

Famille de Saint Joseph
Octobre 2014   semaine précédente Lu 27  Ma 28  Me 29  Je 30  Ve 31  Sa 1  Di 2  semaine suivante
Imprimer
L’épisode est étrange et son interprétation difficile. L’intervention des pharisiens a-t-elle pour but d’avertir Jésus du danger qu’il court - ce qui supposerait que Jésus compte des amis dans leur parti ? Ou agissent-ils au nom d’Hérode qui veut chasser de son territoire ce Rabbi encombrant ? Les deux interprétations sont fragiles car on voit mal les pharisiens se préoccuper du sort de Jésus, mais on a tout autant de peine à les imaginer dans le rôle de porte-parole d’Hérode Antipas, cet usurpateur du trône de David. Plus probablement s’agit-il d’une coalition des frères ennemis qui se sont entendus sur cette stratégie pour tenter d’éloigner celui dont ils redoutent l’influence - nous avions déjà assisté à ce genre d’alliance contre-nature à propos de la question de l’impôt dû à César. Tout comme les pharisiens, le tétrarque craint en effet de s’opposer ouvertement à Jésus en raison de la sympathie que lui témoignent les foules ; mais il appréhende également la réaction des Romains devant l’influence grandissante de ce prédicateur, susceptible de devenir un agitateur politique malgré lui. Comme un renard qui se cache en plein jour et ne chasse que de nuit, Hérode tente d’éloigner Jésus par ruse, en le menaçant.
Mais le Seigneur n’a que faire des intrigues des hommes : sa vie est entre les mains de Dieu son Père, et « nul ne peut rien arracher de sa main » (Jn10, 29). Ses actions - chasser les démons et opérer des guérisons - prouvent qu’il vient de Dieu et agit en son Nom. Peut-être la progression étalée sur trois jours est-elle significative de la Passion désormais proche : le premier jour, le vendredi saint, Jésus triomphe du démon ; le samedi il guérit les âmes des justes retenues prisonnières de l’Hadès, et au matin de Pâques, il atteint le but en étant intronisé à la droite du Père. Jésus sait que le plan de Dieu se réalisera à son Heure, en se servant précisément des projets meurtriers de ses ennemis. Aussi monte-t-il à Jérusalem dans la pleine conscience de ce qui l’attend. Mais loin de s’apitoyer sur son sort, c’est sur la Ville Sainte qu’il pleure, comme une mère sur des enfants qui courent à leur perte en refusant la main qu’elle leur tend. Le « vous n’avez pas voulu » s’oppose orgueilleusement au « j’ai voulu rassembler tes enfants ». Jérusalem n’a pas reconnu la présence de Dieu dans son Envoyé, Temple véritable de la Nouvelle Alliance. Aussi « Dieu abandonne-t-il ce temple entre les mains » de ceux qui s’apprêtent à le détruire. Mais la mort du Juste ne sera pas le dernier mot : Jésus ressuscitera, et ce jour-là les yeux des aveugles s’ouvriront pour accueillir le Christ vainqueur qui seul donne sens à nos vies. Car « si Dieu n’a pas refusé son propre Fils, s’il l’a livré pour nous tous, comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » (1ère lect.)

« “Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de ton amour, Seigneur, qui est en Jésus Notre-Seigneur” (1ère lect.). Rien, si ce n’est mon refus d’accueillir ta grâce, mon obstination à prétendre parvenir à me sauver moi-même, par mes propres œuvres prétendument méritoires. Non ce n’est pas toi qui me condamne, “puisque Jésus-Christ est mort pour moi ; plus encore : il est ressuscité, il est à ta droite et intercède pour moi” (Ibid.) ; mais je suis à moi-même mon propre juge et bourreau en “ne voulant pas” venir me réfugier sous les ailes de ta miséricorde : ton Fils en qui tu m’as réconcilié avec toi, et l’Esprit Saint que tu as envoyé pour la rémission de mes péchés. Aussi je t’en supplie, Seigneur : arrache de ma poitrine mon cœur de pierre, et donne-moi un cœur simple qui sache reconnaître tes bienfaits. Alors je pourrai “te rendre grâce à pleine voix et te louer parmi la multitude, car tu te tiens à la droite du pauvre pour le sauver de ceux qui le condamnent” (Ps 108). »
Père Joseph-Marie
Retour haut de page