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Saint Ignace de Loyola, prêtre

jeudi 31 juillet 2014

Famille de Saint Joseph
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Il y a, dans le lac de Tibériade, de nombreuses espèces de poissons. Certaines vivent en bancs et remplissent les filets que les pécheurs lancent depuis leurs barques à fond plat. Jésus connaît bien la manœuvre, pour l’avoir observée chez ses amis et peut-être pour l’avoir pratiquée. L’habitude est de ramener le produit de la pêche sur la plage et d’en faire le tri, assis en rond près du rivage, chacun rejetant les pièces trop jeunes ou les espèces qui ne doivent pas être consommées.

Jésus connaît donc bien tout ce petit monde et ses coutumes. Il y puise le support d’une nouvelle parabole pour nous révéler le Royaume. Aujourd’hui, il le compare en effet à un de ces filets que l’on jette et qui ramène toutes sortes de poissons. Après avoir médité la parabole du bon grain et de l’ivraie, nous ne sommes pas surpris de voir traités sur le même pied les bons et les mauvais. Les bons poissons comme les mauvais sont ramenés au bord.

Ici, évidemment, la symbolique est inversée, puisque la mer est le lieu de vie des poissons alors que dans la culture biblique elle désigne le royaume de la mort ; et les poissons qui sont sortis de l’eau le sont pour leur mort, alors que nous entrons dans le Royaume pour vivre de Dieu et en Dieu. Mais nous retiendrons que tous les poissons gagnent le rivage à la même enseigne, de même que le bon grain et l’ivraie arrivent ensemble au jour de la moisson, nourris par le même sol et le même soleil. Mais cette fois-ci, Jésus insiste fortement sur le jugement final. Les mauvais poissons retournent à la mer, à la mort, dans la fournaise ardente. Le Royaume est peut-être caché, mais il est manifestement important de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.

La chute de cette histoire n’est cependant pas implacable. La série de paraboles que nous avons traversée ces jours derniers a dévoilé de nombreux secrets du Royaume qui nous font percevoir que la parole de Jésus n’agit pas comme une menace mais comme un avertissement. « Avez-vous compris tout cela ? » demande-t-il. Avez-vous compris que vous êtes à l’orée d’un monde nouveau, dont la logique lui est propre, dont l’accès est réservé aux cœurs purs, à ceux qui sont prêts à tout miser sur Dieu, à ceux qui sont prêts à travailler toute une vie pour trouver la perle rare ? « Oui », répondent les disciples, unanimes. Ce n’est pas la réponse de ceux qui redoutent la fournaise mais le choix de ceux qui désirent la vie.

Cela nécessite de travailler comme un maître de maison avisé. Il y a beaucoup de travail en effet, car il faut tirer de l’ancien le nouveau à venir. Jésus n’est pas venu abolir, faire table rase du passé, il est venu accomplir, porter à leur perfection les promesses du passé. Nous n’avons donc pas à espérer changer nos vies comme on reçoit un nouvel équipage. Nous avons à travailler pour tirer de cette vieille pâte humaine dont nous connaissons les limites et les défauts, la substance qui nourrira un élan nouveau. Nous avons à relire les alliances et les ruptures, nos combats et nos fuites, pour déchiffrer l’appel du Seigneur et trouver à dépasser l’ancien pour permettre l’actualisation du nouveau. Au terme de ces paraboles, nous avons appris que notre cœur et notre intelligence sont les garants de notre trésor, nous avons à en tirer l’orientation nouvelle de notre vie à la suite du Christ. Nous aurons alors accompli la dernière parabole, celle du scribe devenu disciple parce qu’il s’est mis à l’école du Royaume des Cieux.

Seigneur Jésus, fais de nous ce « scribe devenu disciple du Royaume des cieux ». Toi le jardinier de la Résurrection, sois notre maître, fais nous être en plénitude. Que toutes nos œuvres contribuent à édifier ton Royaume et soient une hymne à la louange de ta gloire.
Frère Dominique
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